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Finances · Immobilier

Crédit immobilier : la remontée des taux se confirme à l'été 2026

Après plusieurs mois de stabilité, les taux des crédits à l'habitat repartent à la hausse : 3,30 % en moyenne en juillet selon l'Observatoire Crédit Logement/CSA. Une évolution graduelle, mais qui pèse sur le coût total des projets d'achat.

Taux moyen juillet
3,30 %
Toutes durées confondues, hors assurance et garanties (Crédit Logement/CSA).
Moyenne T2 2026
3,24 %
Taux moyen du deuxième trimestre selon le même observatoire.
Durée moyenne
253 mois
Soit plus de 21 ans en juillet 2026, un niveau historiquement élevé.
Taux de dépôt BCE
2,25 %
Relevé de 0,25 point en juin 2026, une première depuis trois ans.
Façades d'immeubles résidentiels français sous un ciel d'été
Les taux de crédit remontent par petites touches depuis le printemps, dans le sillage du resserrement monétaire.

Le mouvement est modeste, mais il est régulier. Selon l'Observatoire Crédit Logement/CSA, le taux moyen des crédits immobiliers accordés en France s'est établi à 3,30 % en juillet 2026. Après une première phase de hausse en début d'année, puis une période de stabilisation autour de 3,23 % entre février et avril, les taux ont renoué avec une trajectoire ascendante : +3 points de base en mai, +1 point en juin, +4 points en juillet.

L'essentiel en bref

Pourquoi les taux remontent

Les banques fixent leurs barèmes en fonction de leurs coûts de refinancement, eux-mêmes liés aux rendements des emprunts d'État et aux taux directeurs. Or ces deux références se sont tendues : la Banque centrale européenne a relevé ses taux directeurs de 0,25 point en juin — le taux de dépôt est passé à 2,25 % — et les rendements obligataires à moyen terme se sont installés nettement au-dessus de leur niveau d'il y a un an. Les barèmes bancaires s'ajustent avec quelques mois de décalage, par petites touches.

Rien n'indique à ce stade un emballement : les banques restent en concurrence pour capter de bons dossiers, et certaines continuent d'afficher des décotes pour les profils les plus solides. Mais la période des taux en baisse continue, qui avait caractérisé 2024 et une partie de 2025, est derrière nous.

Ce que 0,1 point change sur un emprunt

Une variation de quelques points de base peut sembler anecdotique. Sur la durée d'un crédit immobilier, elle ne l'est pas. Pour un emprunt de 200 000 € sur 20 ans, un écart de 0,10 point de taux représente, en ordre de grandeur, environ 10 € de mensualité et plus de 2 000 € d'intérêts sur la durée totale du prêt. Un écart de 0,3 à 0,4 point — comme celui observé entre le printemps et l'été — se chiffre donc en milliers d'euros.

253 mois
c'est la durée moyenne des crédits immobiliers accordés en juillet 2026 — plus de 21 ans. Allonger la durée réduit la mensualité, mais augmente le coût total du crédit.

Ces ordres de grandeur sont des illustrations arrondies, calculées à mensualités constantes, hors assurance et frais. Le coût réel d'un crédit dépend du dossier, de la durée, des garanties et de l'assurance emprunteur.

Le taux affiché n'est pas le coût complet

Comme pour l'épargne, le chiffre mis en avant ne dit pas tout. Au taux nominal s'ajoutent le coût des garanties (caution ou hypothèque) et l'assurance décès-invalidité : pour une personne de moins de 45 ans, il faut compter en moyenne 0,35 à 0,55 point supplémentaire. C'est pourquoi la comparaison entre deux offres doit se faire sur le TAEG — le taux annuel effectif global — qui intègre l'ensemble de ces frais, et non sur le seul taux nominal.

Trois leviers restent à la main des emprunteurs

La délégation d'assurance emprunteur, autorisée à tout moment depuis la loi Lemoine, peut réduire sensiblement le coût total pour de nombreux profils. L'apport personnel améliore le taux proposé et réduit le montant financé. Enfin, faire jouer la concurrence entre plusieurs banques et courtiers reste, dans un marché en remontée, le levier le plus direct — sans qu'aucun établissement ne puisse être désigné ici comme « le meilleur ».

Faut-il attendre ou avancer son projet ?

C'est la question que se posent de nombreux acheteurs, et il n'existe pas de réponse universelle. Attendre expose au risque de nouvelles hausses de taux ; avancer précipitamment expose à un achat mal calibré. Les professionnels rappellent une règle simple : un projet immobilier se décide d'abord sur la capacité de remboursement, la stabilité des revenus et la qualité du bien — le niveau des taux vient ensuite ajuster l'enveloppe. Pour ceux qui ont signé des crédits aux niveaux les plus hauts de 2023-2024, autour de 4 % et plus, la question de la renégociation peut encore se poser au cas par cas, en intégrant les frais d'avenant ou de rachat.

Sources : Observatoire Crédit Logement/CSA, taux des crédits immobiliers, juillet 2026, La finance pour tous, remontée des taux en juillet 2026, Meilleurtaux, taux moyen du 2e trimestre 2026 et BCE, décisions de politique monétaire du 11 juin 2026. Les taux cités sont des moyennes observées, hors assurance ; les conditions individuelles varient selon les dossiers.

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