Pendant des années, le fonds en euros de l'assurance-vie a semblé condamné à l'érosion, avec des rendements moyens passés sous la barre des 2 %, puis proches de 1 %. Le paysage a changé : au titre de l'année 2025, le rendement moyen des fonds en euros s'est établi à 2,6 % selon France Assureurs — un niveau maintenu pour la troisième année consécutive — et l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) a confirmé un taux moyen de revalorisation légèrement supérieur, à 2,65 %.
L'essentiel en bref
- Le rendement moyen des fonds en euros s'établit à 2,6 % au titre de 2025, pour la troisième année consécutive.
- La collecte nette de l'assurance-vie a atteint 50,6 milliards d'euros en 2025, en hausse de 22,1 milliards sur un an.
- Pour la première fois depuis cinq ans, la collecte nette des fonds en euros est redevenue positive (+8,1 milliards d'euros).
- Les unités de compte ont enregistré une collecte record de 42,5 milliards d'euros — avec un risque de perte en capital.
- Rendement moyen ne veut pas dire rendement de votre contrat : les écarts entre contrats se comptent en points entiers.
Pourquoi le fonds en euros retrouve des couleurs
Le redressement s'explique d'abord par la remontée générale des taux d'intérêt depuis 2022 : les assureurs ont progressivement réinvesti dans des obligations mieux rémunérées, ce qui nourrit mécaniquement les rendements servis. S'y ajoute l'utilisation des réserves accumulées les années fastes — la provision pour participation aux bénéfices — que certains assureurs mobilisent pour soutenir leurs taux dans un environnement redevenu concurrentiel face aux livrets et aux comptes à terme.
Résultat : les épargnants sont revenus. En 2025, la collecte nette de l'assurance-vie a atteint 50,6 milliards d'euros, en progression de 22,1 milliards par rapport à 2024. Fait notable, la collecte nette des fonds en euros est redevenue positive, à +8,1 milliards d'euros, une première depuis cinq ans, tandis que les unités de compte signaient un record à 42,5 milliards.
2,6 % contre 1,7 % : une comparaison moins simple qu'elle n'en a l'air
Face à un Livret A à 1,7 % depuis le 1er août, un rendement moyen de 2,6 % peut sembler nettement supérieur. Mais les deux chiffres ne se comparent pas directement, pour au moins quatre raisons.
- La fiscalité. Les intérêts du Livret A sont totalement exonérés d'impôt et de prélèvements sociaux. Les produits du fonds en euros supportent, eux, les prélèvements sociaux, et les gains peuvent être imposés en cas de rachat, selon l'ancienneté du contrat et la situation du souscripteur. Après huit ans, un abattement annuel sur les gains rachetés s'applique (4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune, selon les règles en vigueur).
- Les frais. Le rendement affiché d'un fonds en euros est net de frais de gestion, mais certains contrats prélèvent des frais sur versement qui réduisent le capital réellement investi. Le Livret A ne comporte aucun frais.
- La moyenne cache des écarts. 2,6 % est une moyenne de marché : selon les contrats, les taux servis au titre de 2025 s'étagent de moins de 2 % à plus de 3,5 %, parfois sous conditions de part investie en unités de compte.
- L'horizon. L'assurance-vie déploie surtout ses avantages fiscaux dans la durée, alors qu'un livret réglementé reste disponible à tout moment sans aucune incidence fiscale.
Attention aux rendements passés
Le taux servi au titre de 2025 ne préjuge pas des taux futurs. Les rendements des fonds en euros dépendent des marchés obligataires, des choix de gestion et des réserves de chaque assureur. Aucune projection de rendement ne peut être garantie.
Unités de compte : le moteur de la collecte, mais avec un risque
La collecte record en unités de compte (42,5 milliards d'euros en 2025) traduit l'appétit des épargnants pour des supports potentiellement plus rémunérateurs — actions, obligations, immobilier ou fonds diversifiés. Il faut le rappeler clairement : contrairement au fonds en euros, les unités de compte ne garantissent pas le capital. Leur valeur fluctue à la hausse comme à la baisse, et les performances passées ne présagent pas des performances futures.
Beaucoup de contrats combinent aujourd'hui les deux poches, avec des proportions variables selon le profil et l'horizon de chacun. C'est précisément ce dosage — et non le seul taux du fonds en euros — qui détermine le couple rendement/risque réel d'un contrat.
Les questions à se poser avant de comparer
- Quel taux mon contrat a-t-il réellement servi au titre de 2025, et avec quels frais de gestion et de versement ?
- Quelle est l'ancienneté fiscale de mon contrat, et ai-je intérêt à la préserver ?
- Quelle part de mon épargne doit rester disponible immédiatement — et relève donc plutôt d'un livret ?
- Le taux mis en avant est-il conditionné à une part minimale d'unités de compte ?
- Mon besoin est-il un placement de précaution, un projet à moyen terme ou une transmission ?
À ces questions près, la conclusion rejoint celle qui vaut pour toute l'épargne en 2026 : le chiffre le plus visible — ici, un rendement moyen de marché — ne suffit jamais à lui seul. C'est le contrat réellement détenu, sa fiscalité et son horizon qui font la comparaison.
Sources : Meilleurtaux Placement, rendement moyen 2025 des fonds en euros selon France Assureurs, Meilleurtaux Placement, taux moyen de revalorisation 2025 confirmé par l'ACPR, L'Argus de l'assurance, palmarès 2025 des fonds en euros et Service-Public, Livret A. Les rendements cités sont des moyennes de marché au titre de l'exercice 2025 ; ils ne préjugent pas des rendements futurs ni du taux servi par un contrat donné.
Cet article est fourni à titre d'information générale et ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation de souscription, d'arbitrage ou de rachat d'un contrat d'assurance-vie. Les unités de compte présentent un risque de perte en capital. Avant toute décision, il est recommandé de consulter un professionnel qualifié.